l’hôtel du Bourgtheroulde à Rouen

A ces deux monuments (voir Manoir de Varengeville sur Mer et Résidence du cardinal Duprat) remarquables nous pouvons ajouter d’autres constructions encore debout aujourd’hui, bien conservées, et qui attestent, surtout par leur ornementation, toute la richesse d’imagination, toute l’originalité des artistes français.

l'Hôtel Bourgtheroulde à Rouen - dessin original 1884

l’Hôtel Bourgtheroulde à Rouen – dessin original 1884

Ainsi une des plus curieuses constructions civiles du temps de François Ier, et qui porte bien le cachet de la Renaissance, est, sans contredit, l’hôtel du Bourgtheroulde à Rouen. Aucun monument de cette ville n’a excité plus vivement l’attention et les recherches des érudits. L’un d’eux, M. A. Leprévost, dans plusieurs savants mémoires, a fixé la fondation de cette belle habitation a la fin du XVe siècle ; ce fut seulement sous le règne de François Ier qu’un seigneur de Bourgtheroulde, Guillaume Leroux, acheva l’édifice. Le corps de logis qui est au fond de la cour est remarquable par une tourelle octogone, située a l’angle gauche de la façade ; il est comme celle-ci couvert de bas-reliefs représentant les armes de la famille Leroux, des salamandres et des phénix, emblèmes de François Ier et d’Eléonore d’Autriche, sa femme ; ceux qui ornent la tourelle offrent des tableaux de la vie pastorale au-dessous desquels sont gravées de naïves légendes empreintes du caractère du temps. L’intérieur de cette tourelle a conservé au rez-de-chaussée une petite salle voûtée en pierre, et au premier étage un petit cabinet dont les boiseries et le plafond terminé en cul-de-lampe, enrichi de dorures et de peintures, offrent des détails d’un goût pur et d’une délicatesse exquise.

Le côté gauche de la cour est occupé par une galerie dont les larges fenêtres à cintres surbaissés sont séparées par des pilastres couverts d’arabesques. C’est au-dessous de ces fenêtres que sont sculptés ces fameux bas-reliefs où se trouve représentée l’entrevue de François Ier et de Henri VIII, au camp du Drap d’or ; ils sont au nombre de cinq et reproduisent chacun une scène de cette mémorable entrevue.

Cet exemple peut parfaitement être suivi par l’édifice que tout le monde a vu aux Champs-Elysées, et qu’on appelle maison de François Ier : c’est encore un des rares spécimens de maison particulière appartenant au règne de ce prince.

Ce joli édifice s’élevait primitivement à Moret, petite ville près de Fontainebleau, d’où il a été transporté en 1826, et réédifié pierre par pierre à la place qu’il occupe aujourd’hui. Tout le monde peut voir cette délicieuse façade a deux étages, avec ses pilastres délicatement sculptés, ses arcades cintrées, refouillées, au-dessus desquelles règne une frise rehaussée d’ornements et de médaillons qui représentent Marguerite , Anne de Bretagne, Diane de Poitiers, et des figures de rois, parmi lesquelles on reconnaît Louis XII. L’attique est orné de bas-reliefs qui figurent des génies portant des écussons aux armes de la France, enlaces dans des guirlandes de fleurs et de fruits. On ne peut douter que ce gracieux monument ne date du règne de Francois Ier, a une salamandre sculptée sur une petite porte de la façade postérieure. Toits les détails d’ornements qui couvrent cette maison sont exécutés avec un goût et un art infinis, et peuvent certainement passer pour un précieux spécimen du style décoratif du temps de François Ier.

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