Histoire de Tarascon

Il est impossible de fixer l’époque de la fondation de Tarascon. Strabon qui vivait sous Auguste et Ptolémée sont les seuls auteurs qui parlent de cette ville, et ils la citent sans entrer dans aucun détail. Il est probable cependant, d’après d’anciennes médailles grecques trouvées sur les lieux et dans les environs, que Tarascon était un comptoir fondé, postérieurement au passage d’Annibal , par les Phocéens établis à Marseille, c’est-à-dire deux cents ans à peu près avant Jésus-Christ. Quoiqu’il en soit, on peut regarder cette ville comme une des plus anciennes de la Provence. Sous la domination romaine, elle était un entrepôt important de la navigation du Rhône et de plus une position militaire, par la présence d’une citadelle considérable. Cette citadelle élevée en l’honneur de Jupiter se trouvait dans une île, laquelle réunie plus tard au continent par les atterrissements du fleuve forme aujourd’hui Jarnègues (Jovis arœ in aquâ, Jovarnica , Jarnica, Jarnègues), Cette citadelle subsista pendant bien des siècles, puisque vers l’an 850 elle servit d’asile aux habitants durant l’invasion des Sarrasins. Sous les rois Francs, Tarascon acquit réellement de l’importance, car elle devint le chef-dieu d’une des Viguerie de la province d’Arles.

Pont de Baucaire à Tarascon dessinde Chapuy, Nicolas-Marie-Joseph (1790-1858)

Pont de Baucaire à Tarascon dessinde Chapuy, Nicolas-Marie-Joseph (1790-1858)

Le Viguier était le subdélégué du patrice de la province qui, sous Charlemagne, prit le nom de Comte d’Arles. Elle dut cette faveur aux fils de Clovis qui crurent ainsi honorer sainte Marthe de ce qu’elle avait bien voulu guérir leur illustre père d’un mal de reins des plus violents. Clovis lui-même, en reconnaissance de sa guérison, avait donné à la ville tout le terroir d’alentour et avait affranchi pour toujours les habitants.

Sous les comtes de la maison de Boson, qui commença en 879, la Viguerie prit le nom de baillage d’Altavèz ; Altavèz, aujourd’hui mas de Tavèz, à deux kilomètres nord de Laurade, était un domaine appartenant en propre aux comtes de Provence. C’est là que le Bailli tenait ses audiences parce que Tarascon n’étant pas du domaine comtal, se gouvernait par ses propres lois. Vers la fin du XIIe siècle, de grandes contestations eurent lieu dans le conseil municipal de Tarascon entre la noblesse et le tiers-état ; mais elles se terminèrent par voie de conciliation. Raymond Bérenger IV, comte de Provence, désirant exercer à Tarascon une autorité plus grande se fit céder, en 1226, le consulat, mais ses exactions irritèrent le peuple tarasconnais qui courut aux armes, recouvra son indépendance et Raymond rentra dans ses seuls droits de souveraineté.

Photo Abbaye Saint-Michel de Frigolet à tarascon par Jamled pour Patrimoine de France

Photo Abbaye Saint-Michel de Frigolet à tarascon par Jamled pour Patrimoine de France

Cependant tous les gouvernements municipes finirent par transiger plus ou moins avantageusement avec Charles d’Anjou, frère de Louis IX roi de France et successeur, en 1245, de Raymond Bérenger IV. Tarascon fut du nombre. On rétablit la Viguerie et le Viguier quitta Altavèz pour venir siéger dans le château de la ville.

Depuis cette époque, Tarascon tint un rang distingué parmi les villes de Provence. Les comtes venaient très souvent l’habiter ; ils tenaient leur cour dans le château et y donnaient des fêtes magnifiques. Après la réunion de la Provence à la France, en 1481, Tarascon continua de jouir des mêmes privilèges qu’elle avait sous les comtes, et le siège de la Viguerie y resta jusqu’à la révolution.

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Chateau de Tarascon (ancienne demeure du Roi Rene), dessin de Chapuy, Nicolas-Marie-Joseph (1790-1858)

Chateau de Tarascon (ancienne demeure du Roi Rene), dessin de Chapuy, Nicolas-Marie-Joseph (1790-1858)

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