Les escaliers en architecture

C’est un assemblage de marches ou de degrés par lesquels on monte ou l’on descend d’un lieu à un autre. Les notions que pourrait embrasser cet article, si l’on voulait y renfermer tout ce qui concerne les variétés de formes, de pratiques et de modes de construction, dépendants soit des matériaux, soit des usages, soit des lieux, soit des pays, deviendraient la matière d’un long traité. N’ayant à envisager ici cette matière que sous le rapport d’architecture, soit chez les anciens, soit dans les temps modernes, nous nous contenterons d’en indiquer les principales variétés en les resserrant sous deux seuls points de vue, l’un relatif à l’antiquité, l’autre relatif aux temps modernes.

L'escalier des Ambassadeurs ou Grand escalier de Versailles

L’escalier des Ambassadeurs ou Grand escalier de Versailles est un ancien escalier monumental du château de Versailles, Il fut détruit en 1752.

Les escaliers antiques

Nous avons peu de renseignements descriptifs et peu de restes encore subsistants des escaliers chez les anciens. Au mot Degré, on a rapporté les seules notions qu’on trouve dans Vitruve ; mais ces notions ne s’appliquent qu’aux montées des temples, c’est-à-dire de leurs soubassements, et aux gradins des théâtres. Il est remarquable que cet écrivain architecte ne fait aucune mention de l’escalier comme étant une partie importante, soit de la construction, soit de la décoration des grands édifices ou des palais. Son silence à cet égard pourrait faire croire que les anciens auraient porté dans leurs escaliers beaucoup moins de luxe et de magnificence que ne l’ont fait les modernes.

Les ruines nombreuses de leurs édifices sont à peu près aussi stériles à l’égard des recherches qu’on voudrait faire sur cet objet. Dans le fait, les seuls escaliers antiques, du genre de ceux qui dans un intérieur conduisent à un local supérieur, sont ceux que nous voyons encore aujourd’hui construits dans l’épaisseur du mur formant le pronaos des temples doriques periptéres, et par où l’on montait jusqu’au faîte de l’édifice. Le temple dit de la Concorde à Agrigente en a conservé un qui est encore entier, et l’on y compte quarante et un degrés. Nous lisons dans Pausanias) qu’il y en avait de semblables au temple de Jupiter-Olympien en Elide. Ces escaliers sont à vis ou en limaçon pour la plupart. On en observe quelques restes d’un genre semblable au temple de la Paix et aux thermes de Dioctétien. Mais tous ces escaliers ne sont autre chose que des montées de nécessité, et ce que nous appellerions aujourd’hui des escaliers dérobés.

On aurait pu espérer des ruines de Pompeï et des détails intérieurs de ses maisons, la connaissance précise de quelque escalier d’usage ; mais on y en a trouvé fort peu de vestiges, ce qui a confirmé que la plupart de ces maisons avaient leurs appartements au rez-de-chaussée, où dans le fait on observe que s’était déployé tout l’agrément des distributions, tout le luxe de la peinture décorative. Quant à l’étage, ou aux étages supérieurs, s’il y en avait plus d’un, de simples escaliers en bois durent suffire à ces bâtisses légères ; et après les accidents qui ont ruiné et enseveli cette ville, la conservation d’un escalier en bois serait la chose la plus extraordinaire.

Il y a, comme on le verra dans le paragraphe suivant, entre toutes les divisions que la notion de ce mot comporte, une distinction très-caractéristique à faire entre l’escalier intérieur des maisons ou des autres genres de bâtiments, et l’escalier extérieur construit dans les villes surtout qui offrent des terrains montueux, comme aussi celui qui sert de soubassement à des édifices.

Tels étaient ceux qui environnaient les temples périptères, et dont les degrés, ordinairement au nombre de trois, comportaient une beaucoup plus grande hauteur que ceux qui doivent servir à l’ascension ordinaire. Winckelmann a exagéré d’à peu près un tiers la hauteur de ces degrés aux temples d’Agrigente et de Pœstum, où ils n’ont qu’à peu près 6 pouces d’élévation, dimension toutefois hors de mesure avec des degrés usuels. Il faut observer encore qu’à Poestum, pour diminuer cette hauteur, on avait en quelques endroits adapté entre deux de ces hauts degrés de plus petites marches, ce qu’indiquent certaines entailles qui se trouvent entre les degrés actuels et qui paraissent avoir été destinées à retenir un corps intermédiaire. Ainsi s’accordait le bon effet du soubassement élevé par rapport à la masse du temple, avec la facilité de la montée, en faisant cinq marches de trois, comme l’a fait très-bien observer le P. Paoli (Rovine della citta di Pesto, dissert. 3.)

On doit dire encore que les degrés de ces soubassements en escaliers pouvaient servir de sièges à la multitude que l’intérieur des naos n’aurait point pu recevoir. Cicéron parle d’un temple près la porte Capène, sur les marches duquel le peuple s’asseyait.

Lorsqu’il ne régnait point de marches à l’entour de l’édifice sacré, ce qui avait lieu à l’égard des temples circulaires, il y avait un escalier en perron pratiqué en face de la porte d’entrée. C’est ainsi qu’est disposé le temple circulaire d’un bas-relief antique qui se trouve maintenant dans la galerie de Florence, et que Piranesi a publié, della Magnif, di Roma, pl. xxxviii.

Winckelmann donne comme une observation générale que les degrés ou marches, dans les escaliers des anciens, n’avaient point de congé comme on leur en fait aujourd’hui, mais que leur giron formait un angle droit et aigu. Les marches, dit-il, de la villa Adriana étaient composées de deux dalles égales, en marbre, mises ensemble à angle droit. Les marches qui règnent autour du portique du Panthéon lui paraissent en conséquence ne pouvoir être d’une très haute antiquité.

Pour assurer de pareilles choses, il faudrait de plus nombreuses autorités que celles qu’on a. On a remarqué, par exemple, au temple en bas-relief cité tout à l’heure, que ses degrés, au nombre de sept, éprouvent dans leur hauteur un renfoncement sensible. Or, cet usage se pratique encore tous les jours, afin de donner plus de giron aux marches. On voit par ce peu de notions combien on est éloigné de connaître ce que les anciens purent faire dans l’intérieur, soit des palais, soit d’autres édifices en matière d’escaliers. Ce n’est en effet que dans de grandes distributions internes que l’art de la construction peut se produire avec tout ce qu’il comporte de difficultés et de magnificence.

Vue perspective de l'escalier de l'abbaye de Prémontré, dessin de Tavernier de Jonquières (XVIIIe siècle)

Vue perspective de l’escalier de l’abbaye de Prémontré, dessin de Tavernier de Jonquières (XVIIIe siècle)

Les escaliers modernes

Le luxe des escaliers s’est développé assez tard dans l’architecture moderne. Il est à croire que ce qu’on appelle la science du trait, d’où dépendent la hardiesse des voûtes et ces coupes ingénieuses de pierres qui permettent de suspendre sans danger des rampes de tout genre, avait besoin d’arriver à toute sa perfection pour seconder les entreprises des constructeurs.

On peut aussi expliquer, par l’état des mœurs et les usages de la vie domestique, la médiocrité à laquelle on a vu les escaliers si long-temps bornés jusque dans les plus grandes habitations. Ceux qu’on voit dans les anciens palais en France sembleraient n’avoir été construits que pour la nécessité, et pour l’usage des gens seuls de la maison. Ils ressemblent à ce qu’on appellerait aujourd’hui escaliers dérobés. Souvent ils sont obscurs, étroits et incommodes. L’Italie, qui a devancé toutes les autres nations dans le luxe des bâtiments, a aussi, jusqu’à une certaine époque, usé de simplicité, quoique avec plus de grandeur, en cette partie. Les escaliers du Vatican en font foi, si l’on excepte celui qui fut construit par Bramante près du Belvedère, et celui que Bernin a si magnifiquement restauré au bout du vestibule de Saint-Pierre. Les anciens escaliers du Louvre ont assez d’étendue, mais leur simplicité, la situation de quelques-uns, et leur construction, ne paraissent point assez répondre à la richesse extérieure de l’architecture.

Escalier infinis du Vatican

Escalier infinis du Vatican par Camille Auble

La magnificence des escaliers a dû augmenter en raison des convenances que l’usage a introduites dans les habitations ; aujourd’hui que généralement le premier étage est occupé par les maîtres de la maison, l’escalier qui aboutit à cet étage est devenu un objet principal de construction et de décoration.

La première convenance à observer est celle qui a rapport à sa situation dans l’édifice. Il semble assez indifférent que l’escalier soit placé à la droite ou à la gauche du bâtiment. (On a reconnu que, placé dans le milieu, il obstruait la vue des jardins). Quelques architectes même les ont construits dans les ailes de leurs édifices. Toutefois, il sera plus convenable que l’escalier s’annonce à l’entrée du vestibule, et soit plutôt à droite qu’à gauche. C’est ainsi que les meilleurs architectes, soit habitude, soit préjugé en faveur du côté droit, ont recommandé de le situer.

Quant à la dimension, elle sera relative à celle du bâtiment et à la mesure des pièces auxquelles il devra conduire. C’est à la proportion du tout ensemble à régler l’étendue de l’escalier.

Par étendue, on entend l’espace qu’occupe sa cage, la longueur des marches, l’espace renfermé entre ce qu’on appelle le mur d’echiffre ou le limon rampant. Mais par étendue ou grandeur, on ne doit pas entendre seulement la surface qu’occupera l’escalier. L’élévation ou la hauteur fait aussi partie de ce que nous appelons ici l’étendue. Cette élévation ne doit jamais être moindre que celle de deux étages. Mais il convient dans les palais que ces rampes s’arrêtent au premier. Au-dessus, et pour les étages supérieurs d’attique ou autres, il suffira d’un escalier particulier et sans apparence. Alors le grand escalier devient susceptible d’un beau développement. Du rez-de-chaussée on apercevra mieux le plafond, et ce qui en fait la décoration.

On peut dire que la diversité des formes d’escaliers est aussi grande que celle des bâtiments. Anciennement on les faisait volontiers circulaires ; ensuite on les a faits presque tous quadrangulaires. Aujourd’hui on leur donne indistinctement des formes variées, selon la distribution et les sujétions soit du terrain, soit du plan général. Toujours est-il vrai que les formes régulières méritent la préférence. Lorsque les rampes sont irrégulièrement circulaires, les girons des marches se trouvent inégaux, et cela est un grand inconvénient. Notre pas, étant naturellement réglé, veut qu’on lui présente des espaces également réglés, sans quoi celui qui monte ou qui descend est exposé à faire des faux pas.

Quoiqu’on fasse usage des escaliers presque autant de nuit que de jour, on doit tâcher de leur procurer le plus de lumière naturelle qu’il est possible. Quand on la fait venir d’un seul côté de la cage, les rampes qui y sont opposées sont presque toujours obscures. C’est pourquoi, lorsque l’on se trouve serré par l’espace, il convient d’éclairer l’escalier en lanterne, surtout lorsqu’il ne monte qu’au premier étage. Par le mot lanterne on entend une voûte en manière de coupole.

Grand escalier de l'Opéra, dessin de Hubert Clerget (1818-1899).

Grand escalier de l’Opéra, dessin de Hubert Clerget (1818-1899).

Ce qu’il faut dire en général sur la décoration des escaliers, c’est que, s’ils comportent de la richesse, elle doit être subordonnée à la convenance et du bâtiment, et du rang de ceux qui l’occupent. On doit en général y éviter la profusion des ornements. Pour le plus grand nombre, une coupe simple et gracieuse, de la commodité, de l’élégance, voilà tout ce qu’on y doit chercher.

Même dans les plus somptueux palais, il y a encore une certaine réserve de décoration à observer, surtout dans l’emploi des ordonnances, des colonnes et des richesses de l’ornement. Il y a quelque chose d’inconvenant à prodiguer les marbres, les peintures et des dorures, comme cela s’est vu quelquefois, à des cages d’escalier. En effet, que peut-il y avoir de plus dans les intérieurs et les appartements ? On cite certains palais où l’on n’admire que la richesse de l’escalier. De tels éloges font la critique de l’architecture. On peut sans doute donner coure en cette matière à plus d’une invention noble et ingénieuse ; mais là comme ailleurs le décorateur ne devra faire que ce que la bienséance comporte.

La partie de toutes la plus essentielle dans un escalier sera, comme on le pense bien, celle de la solidité dans sa construction.

La construction des escaliers se fait en marbre, en pierre ou en maçonnerie, le plus souvent en bois de charpente.

Ceux de cette dernière sorte ne se rencontrent que dans les maisons ordinaires, et qui ne comportent point les dépenses qu’exige l’art de l’architecture.

Cet art a plus d’une manière de construire les escaliers, soit en arc et voussure rampante ou droite, soit en tour creuse, avec des cul de four, des trompes, etc. Les grands palliers sont soutenus par des plates-bandes droites en coupe, et par claveaux à tête égale. De quelque genre de matériaux et de construction qu’on fasse usage, il faut rendre la forme des voûtes légère, d’un beau galbe et sans jarrets. On aura soin de pratiquer autant qu’il sera possible des piédroits sous la naissance des rampes, pour en supporter le poids et la poussée, sans néanmoins trop embarrasser le rez-de-chaussée. Cela fait que les voûtes soutenues en l’air semblent n’être entretenues que par l’arc du trait.

On doit cependant apporter une sage réserve en ce genre de construction. Quoique la théorie rassure le connaisseur contre le danger qui semble résulter de la hardiesse de ces voûtes, l’architecte prudent saura conserver la vraisemblance que l’œil désire dans toutes les productions de l’art du trait, mais surtout dans les escaliers. Les tours de force, partout déplacés, le seront encore plus ici. Il ne faut pas qu’une montée présente l’idée d’un péril éventuel. Les édifices doivent être élevés pour l’usage matériel des hommes, et non pour satisfaire l’amour-propre de ceux-qui les bâtissent. Quand l’art se permet des difficultés, son intérêt devrait être de les cacher.

On fait quelquefois supporter les rampes des escaliers par des colonnes. On voit à Rome plus d’un exemple de cette pratique. Tel est l’escalier circulaire eu pente douce, bâti par Bramante au Vatican, et tel le nouvel escalier de marbre qui conduit au Muséum Pium Clementinum.

Nous dirons ici peu de choses des escaliers en charpente. Leur construction, si l’on n’envisage que le travail et l’exécution de la matière, semble appartenir plutôt à la charpenterie qu’à l’architecture. Dans les grands palais, on n’emploie ordinairement cette matière qu’aux escaliers dérobés.

Il y a encore une manière d’associer, dans la construction des escaliers le bois à la pierre, et de réunir par ce mélange l’économie à une assez belle apparence. Le corps de l’escalier étant en charpente, on pose sur chaque marche en bois des dalles de pierre qui portent la moulure dans leur épaisseur. On peint en couleur de pierre tous les bois apparents des marches, des limons et des courbes rampantes. Après que la coquille a été ravalée en plâtre et badigeonnée, on marque sur le tout de fausses coupes ; ou y trace des assemblages qui donnent à ces sortes d’escaliers l’apparence et la beauté des escaliers en pierre. Toutefois on devra user de réserve et de précaution à l’égard des dalles de pierre qui recouvrent les marches de bois, et qui par leur peu d’épaisseur sont sujettes à se rompre.

Escalier en bois sculpté rue des Lions St Paul, dessin de Jules-Adolphe Chauvet (1828-19..)

Escalier en bois sculpté rue des Lions St Paul, dessin de Jules-Adolphe Chauvet (1828-19..)

Escaliers extérieurs

Nous avons établi dans le paragraphe Ier, à l’égard des escaliers antiques, une distinction que l’architecture moderne a plus encore le droit de réclamer entre les escaliers d’intérieurs et les escaliers extérieurs ou pratiqués en avant d’édifices élevés, ou pour tout autre objet.

On appelle ces escaliers escaliers à perron.

L’art proprement dit de la construction, ou la science du trait, entre pour peu de chose dans l’établissement de ces sortes d’escaliers. Ordinairement ou les élève sur des massifs de terrains en hauteur. Tel est à Rome celui qui conduit du bas de la place d’Espagne au haut du mont où est située l’église de la Trinité, et qui a donné son nom à cet escalier. On ne croit pas qu’il y ait en ce genre une plus grande construction, et sans doute elle aurait pu le paraître davantage, si l’architecte eût introduit dans les lignes de ses masses moins de divisions et plus de simplicité.

Il est à croire que le Capitole situé sur une hauteur dut offrir jadis aux diverses parties d’édifices qui composaient son ensemble différentes montées dont fit nécessairement partie, si elle ne fut pas la plus importante, celle que l’on appelle aujourd’hui l’escalier de l’Araceli. On croit qu’il se compose encore de plus d’une marche antique en marbre. Rien de plus simple que cet escalier et son grand effet tient à sa simplicité. Toutefois, quand il s’agit d’une telle élévation, on doit ménager des paliers ou des repos de distance en distance qui coupent la ligne sans rompre l’unité de son effet.

Un grand ouvrage et des mieux entendus en ce genre est le double escalier de l’Orangerie dans les jardins du château de Versailles. Beauté d’appareil et de construction, grandeur et simplicité de plan et de disposition, on y trouve ce que le besoin et le goût peuvent attendre de semblables entreprises.

Versailles, vue du palais et du grand escalier dit des 100 marches du côté de l'Orangerie.

Versailles, vue du palais et du grand escalier dit des 100 marches du côté de l’Orangerie.

Entre les escaliers découverts ou extérieurs et les escaliers intérieurs qui ont fait la division des notions comprises dans cet article, on pourrait placer une classe particulière d’escaliers qui semblent participer des deux espèces. On entendrait parler de ceux qui donnent entrée dans le corps de l’édifice même, lorsque le sol de ce dernier est plus élevé que celui de la rue. Ainsi à Paris, le bâtiment qu’on appelle le Palais, offre au fond de la cour un assez grand escalier extérieur et à découvert, et un autre intérieur et couvert, qui par une succession de perrons conduit au même point.

Les palais de Gênes offrent, pour la plupart, des escaliers à la fois intérieurs et extérieurs ; ils consistent en rampes, ornées de colonnes et de galeries, qui du dehors donnent une apparence à la fois magnifique et pittoresque aux cours de ces palais. Les marries dont se composent leurs degrés et tout ce qui les accompagne ajoutent à la richesse de leur aspect, et augmentent pour les yeux l’impression qui résulte des effets de leur ensemble.

Noms divers donnés aux escaliers

On donne un grand nombre de surnoms aux escaliers en raison de leur forme, de leur position, de leur destination, de leur construction, etc. Ainsi l’on dit :

Escalier à deux rampes alternatives

C’est un escalier qui est droit, et dont l’échiffre porte de fond. Tels sont les grands escaliers du Louvre à Paris, celui du palais Farnèse à Rome, etc.

Escaliers à deux rampes parallèles

Escalier où l’on monte par deux rangs de marches qui commencent par un pallier commun, et aboutissent à un pilier particulier, comme sont les escaliers des Tuileries.

Escalier à deux rampes opposées

C’est un escalier où l’on monte par un perron sur un pallier, d’où commencent deux rampes égales vis-à-vis l’une de l’autre, qui, après un pallier carré, retournent et achèvent la montée, comme celui qu’on appelle Escalier du Roi au château de Versailles.

Escalier à girons rampans

On en voit beaucoup de cette sorte à Rome, tant au dehors que dans l’intérieur des édifices. Telles sont les montées du Capitole, et tels sont les escaliers du Vatican. Les marches de ces escaliers peuvent avoir 3 pouces d’élévation et 3 pieds de giron. Leur pente est plus ou moins considérable. Le giron de la marche est pavé en briques posées de champ et en forme d’épi ; le rebord est en pierre. Ces escaliers sont ainsi pratiqués pour que les chevaux puissent y monter.

Escalier à jour

On comprend sous ce nom, non-seulement un escalier en galerie qui est couvert d’un côté, sans croisée avec balustrade, mais aussi une vis dont les marches sont attachées à un noyau massif, sans autre cage qu’un appui parallèle à une rampe soutenue par quelques colonnes d’espace en espace, comme les escaliers du clocher de Strasbourg, et les deux jubés de l’église de Saint-Etienne-du-Mont à Paris.

Escalier à péristyle circulaire

C’est un escalier dont la rampe est portée par des colonnes, comme il s’en trouve à Rome au Vatican ou au palais Barberini, et au château de Caprarola.

Escalier à péristyle droit en perspective

Escalier qui a sa rampe entre deux rangs de colonnes, lesquels ne sont pas tout-à-fait parallèles. Tel est le grand escalier du Vatican par Bernin.

Escalier à quatre noyaux

Escalier qui laisse un vide carré ou barlong, c’est-à-dire rectangle entre ses rampes, et qui porte de fond sur quatre noyaux de pierre, ou sur quatre noyaux de bois de fond ou suspendus.

Escalier à quartiers tournants

Escalier qui a des quartiers tournants simples ou doubles, à un bout ou aux deux bouts de ses rampes.

Escalier à repos

Escalier dont les marches droites à deux noyaux sont parallèles, et se terminent alternativement à des paliers.

Escalier à vis Saint-Gilles carrée

C’est celui qui est dans une cage carrée, comme les petits escaliers du palais du Luxemhourg à Paris.

Escalier à vis Saint-Gilles ronde

Escalier dont les marches portent sur une voûte rampante sur le noyau ; comme est l’escalier du prieuré de Saint-Gilles en Languedoc, qui a donné son nom à la forme d’escalier dont il s’agit.

Escalier ceintré

Celui dont le bout est formé en demi-cercle ou demi-ellipse ; en sorte que les collets de ses marches tournantes sont égaux, pour qu’il n’y ait pas de brise-cou.

Escalier commun

Escalier qui sert à deux corps-de-logis par des paliers alternatifs lorsque les étages ne sont pas de niveau, ou par un pallier de communication lorsqu’ils sont de plein-pied.

Escalier en arc de cloître

Dit aussi à lunette et à repos. C’est un escalier dont les paliers carrés en retour, portés par des voûtes en arc de cloître, rachètent des berceaux rampants dont les retombées sont soutenues par des arcs aussi rampants, qui portent sur plusieurs piliers ou noyaux de fond. Ces arcs rampants ont des lunettes en décharge opposées dans les berceaux.

Escalier en arc de cloitre

Dit aussi suspendu et à repos. Escalier dont les rampes et paliers carrés en retour portent en l’air sur une demi-voûte en arc de cloître, comme l’escalier de l’aile (côté du nord ) au château de Versailles.

Escalier en fer à cheval

Espèce de grand perron dont le plan est circulaire, et dont les marches ne sont point parallèles. Tels sont les escaliers du château de Caprarola.

Escalier en limace

Celui qui est dans une cage ronde ou ovale, et dont la rampe sans degrés tourne en vis à l’entour d’un mur circulaire percé d’arcades rampantes, comme ceux de l’église de Saint-Pierre à Rome.

Escalier hors-d’œuvre

Escalier dont la cage en dehors d’un bâtiment y est attachée par un ou deux de ses côtés.

Escalier ovale à noyau ou suspendu

C’est un escalier qui ne diffère des escaliers ronds que par son plan.

Escalier principal ou grand escalier

C’est le nom qu’on donne dans tout édifice à l’escalier le plus spacieux ; par exemple, à celui qui dans un palais monte aux principaux appartements. Ordinairement il ne passe point le premier étage.

Escalier rond

Escalier qui est à vis ou en hélices avec un noyau, et dont les marches tournantes droites ou courbes qui portent leur délardement tiennent par le collet à un cylindre qui pose de fond, et dont elles font partie.

Escalier rond suspendu

Escalier qui est sans noyau, et dont les marches tiennent à une espèce de limon en ligne spirale, et qui laisse un vide dans le milieu.

Escalier secret ou dérobe

Celui qui sert de dégagement.

Escalier triangulaire

Celui dont la cage et le noyau sont formés de deux triangles.

Source : Dictionnaire historique d’architecture par Antoine Quatremère de Quincy

complément : Les escaliers par Viollet le Duc sur Patrimoine de France

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